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Voici le récit !


Mon collègue répond au nom de Souley.Souley est un collègue avec qui je travaillaisdans une entreprise de la place. Il est issu d’un père commerçant dont, le revenu permet de maintenir la famille dans une situation financière respectable dans le quartier.

Par ailleurs, Souley aime les sorties nocturnes, les habits à la mode et les accessoires pour se faire beau.

Pour assouvir ces besoins, il passait toujours à la caisse pour des avances sur son salaire, souvent jusqu’à la hauteur des deux tiers de son salaire avant la fin du mois.

C’était une situation que je ne comprenais pas sachant que ce collègue est l’un des membres d’une famille que nous qualifions de « famille aisée».


C’est ainsi que j’ai eu la curiosité de savoir ce qui le poussait à emprunter son salaire avant la fin du mois.

Mais j’hésitais à lui poser la question car, après tout c’était son salaire, et il pouvait en faire ce que bon lui semblait.


En plus, on était juste des collègues ! Après un moment de doute, j’ai décidé un soir de l’attendre à la sortie du travail pour lui parleren tant que frère, même si nous ne sommes pas issus de la même famille.


Moi : Souley, s’il te plait tu peux m’accorder 2 minutes de ton temps ?

Souley : Oui ! Il n’y a pas de problème, j’espère que je n’ai pas fait de bêtises.

Moi : Non ! Pas du tout, là n’est pas ma préoccupation. S’il te plaît, peux-tu m’expliquer pourquoi chaque fois tu prends presque la totalité de ton salaire en avance ?


Il me fixa avec un regard effrayant après cette question au point où je me suis mis à paniquer.

Souley : Ce salaire, c’est mon argent, je le prends quand je veux et comme je veux ! Quel est ton souci ?


Moi : Non ! Il n’y a pas de soucis. Je m’excuse si ma question te met dans tes états. Mais je voulais juste savoir comment tu arrives à mettre quelque chose de côté pour un futur investissement ou en cas d’urgences, si tu dépenses tout ce que tu gagnes.


Souley : Mettre de côté ? Est-ce qu’on peut mettre quelque chose à coté pour le futur alors que la chose même n’est pas suffisante pour les besoins présents ? Pour te dire vrai, je ne garde rien de ce que je gagne dans ce boulot parce que c’est trop insignifiant, je gère mes petits besoins du moment.

Moi : Mais ! Souley, pourtant on fait plus de huit heures de travail pour avoir cette somme. Et si tu mets tout dans les besoins présents, comment est-ce que tu prépares ton avenir ?


Il posa sa main sur ma poitrine et me fixa dans les yeux puis s’exprima avec un ton bien soutenu.

Souley : Mon avenir est déjà préparé et assuré mon frère ! Je fais ce boulot pour un simple plaisir. Je fais des choses dont j’ai même honte de dire à mon père.


Moi : Ah bon ? Tu as de la chance mon frère. Tu peux néanmoins me dire comment et qui peut garantir l’avenir d’une personne en dehors de la personne elle-même ? C’est quand même ma première fois d’entendre que quelqu’un a la possibilité de préparer et d’assurer le futur d’une autre personne.


Ça me fait penser à un adage chez les Dogons qui dit : « L’oreille part à l’école à tout moment ».

Souley : Il n’y a pas d’explications à te donner dans ça. Comme tu connais notre famille, mon père est un commerçant qui a beaucoup d’argent. Il a prévu tout pour nous.


D’ailleurs mes frères et moi, avons une parcelle de terrain, chacun en son nom et bientôt, il va commencer les constructions et nous disposerons de tout le nécessaire à la maison.

Voilà pourquoi, je n’ai aucun problème quand je dépense ce que je gagne dans ce boulot. Je pense que maintenant tu as une idée de ce à quoi ça ressemble.


Moi : Merci de m’avoir accordé tout ce temps. Je ne pensais pas qu’il y’avait des pères aussi généreux au point de préparer et assurer l’avenir de leurs enfants ; l’effort de votre père est à saluer. C’est un homme responsable qui aime ses enfants et qui se préoccupe de leur devenir.


J’ai maintenant compris ta façon de définir un avenir assuré et garanti. Mon frère, je ne te ferai pas de leçon de morale, mais j’ai un autre point de vu quand on parle de vie future et se préparer pendant la jeunesse avant que la vieillesse nous rappelle ce qu’on devait faire.


Dans ce même ordre d’idée, j’aimerai encore te poser d’autres questions qui pourraient être intéressantes ; question de se mettre à jour sur un certain nombre de points qui se révèleraient être utiles pour toi.


Comme tu vis avec la certitude que ton père a déjà préparé et assuré ton avenir, c’est très bien ! Ce que j’aimerais savoir c’est : est-ce que tu as l’intention de fonder une famille un jour ?

Souley : Mais, tu commences à exagérer maintenant !C’est quel genre de question ça ? Tu sais toi-même que, tout le monde veut avoir une famille propre à lui.


Moi : Pardon ! Mon but n’est pas de te vexer, mais c’est juste pour te ramener à la raison et te faire voir la

vie autrement.


La question est de savoir quand tu feras des

enfants à ton tour, est ce que c’est ton père qui va

aussi préparer leur avenir ?


Ou encore, est-ce qu’il ne serait pas méchant et

égoïste de ta part de ne pas penser à tes enfants comme ton père a pensé à toi et à tes frères ?

En plus de ta future famille, ton père qui t’a nourri et habillé jusqu’à ce que tu aies tes 32 dents et atteignes l’âge adulte, qui va l’entretenir lui, quand il va perdre les siennes ainsi que sa force de travail?


Qui l’aidera à s’habiller ?

Ce sont des questions qui peuvent te faire mal, mais ça vaut le coup qu’on en parle. Je pense que tu vas trouver des réponses à ces questions pour t’orienter dans la bonne direction.


Nous sommes des collègues et on ne doit pas se mentir. La vérité fait mal mais ça vaut mieux que le mensonge qui va nous rattraper après des années et détruire toute la lignée de ta progéniture.

Mon frère, tu dois aller au-delà des acquis de ton père pour écrire ta propre histoire et non te faire voir avec l’effort fourni par ce dernier.


Souley : Tu sais, j’ai déjà entendu parler de toi. Tu aimes te mêler de la vie des gens. Je te remercie de t’être intéressé à moi, j’ai des commissions à faire. Je te laisse mon frère.


Moi : On en reparlera un autre jour, merci de m’avoir accordé ces minutes.

Ainsi, a pris fin notre conversation.


Un texte extrait du livre «La puissance du cerveau collectif» de Mamoudou KANAMBAYE


Édité par Les Editions Argenlivre

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